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		<title>attac 44</title>
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		<title>Toulouse : Attac attaque au tournevis la Place de la Bourse</title>
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		<dc:date>2014-11-13T13:11:24Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;La plaque de la Place de la Bourse pend accroch&#233;e &#224; une derni&#232;re vis fich&#233;e dans la brique rose. Elle a r&#233;sist&#233; au d&#233;boulonnage des &#8220;d&#233;visseurs volontaires&#8221; du groupe Attac. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les badauds de l'heure de pointe du l&#232;che-vitrines, ce samedi 15, l&#232;vent &#224; peine le nez. &lt;br class='autobr' /&gt;
La pose d'un calicot &#171; Place de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187; est n&#233;anmoins applaudie par la centaine d'altermondialistes rassembl&#233;s contre la tenue du sommet du G20 &#224; Washington. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Cela n'emp&#234;chera pas le G 20 de se tenir &#187;. Genevi&#232;ve...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cl44.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;A travers la presse ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_96 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;50&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cl44.site.attac.org/local/cache-vignettes/L300xH400/attac_rue_2-3-c5716.jpg?1767968405' width='300' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Un d&#233;visseur volontaire au travail. &lt;br class='autobr' /&gt;
Photo : DR
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La plaque de la Place de la Bourse pend accroch&#233;e &#224; une derni&#232;re vis fich&#233;e dans la brique rose. Elle a r&#233;sist&#233; au d&#233;boulonnage des &#8220;d&#233;visseurs volontaires&#8221; du groupe Attac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les badauds de l'heure de pointe du l&#232;che-vitrines, ce samedi 15, l&#232;vent &#224; peine le nez.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pose d'un calicot &#171; Place de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral &#187; est n&#233;anmoins applaudie par la centaine d'altermondialistes rassembl&#233;s contre la tenue du sommet du G20 &#224; Washington.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Cela n'emp&#234;chera pas le G 20 de se tenir &#187;.&lt;/strong&gt; &lt;br class='manualbr' /&gt;Genevi&#232;ve Azam, &#233;conomiste, enseignante et membre du bureau national d'Attac refuse cependant de se laisser abattre : &#171; En temps de crise et de repli sur soi, dit-elle, les mouvements sociaux ont du mal &#224; se faire entendre, poursuit-elle. Il faut continuer &#224; &#233;veiller les consciences et &#224; tacher de cr&#233;er un rapport de forces m&#234;me si le r&#233;veil social est difficile &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un tournevis cruciforme &#224; la main, Patrick, psychiatre, d&#233;boulonneur volontaire d'Attac l'approuve. Il n'a pas, lui non plus : &#171; la pr&#233;tention de vouloir renverser le G20 &#187;. En tout cas pas tout de suite : &#171; Nous sommes dans l'action &#224; long terme. Petit &#224; petit, croit-il percevoir, les populations se rendent compte que leurs gouvernants n'iront pas plus loin que de sauver la finance. &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_97 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://cl44.site.attac.org/local/cache-vignettes/L300xH191/attac0_2-4d2cb.jpg?1767968405' width='300' height='191' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Yannick, lui, a &#171; zapp&#233; le match de rugby &#224; la t&#233;l&#233; &#187; pour venir manifester. M&#234;me s'il pense qu'il &#171; faut aller plus loin que le d&#233;boulonnage d'une plaque pour renverser le syst&#232;me &#187;. En attendant, il esp&#232;re que &#171; l'exemple de la radicalisation viendra peut-&#234;tre de pays &#233;mergents comme le Br&#233;sil et le Venezuela &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est symbolique mais n&#233;cessaire. La crise financi&#232;re prouve qu'Attac avait raison en tirant le signal d'alarme il y a d&#233;j&#224; six ans &#187;, estime Fran&#231;ois Simon. Selon l'ex-candidat PS &#224; la mairie de Toulouse, moqueur avec ses anciens camarades, &#171; l'&#233;v&#232;nement aujourd'hui est quand m&#234;me plus sur les places de la Bourse de France avec les militants d'Attac qu'au palais des congr&#232;s de Reims avec les militants du PS &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;douard, demandeur d'emploi, est venu avec son fils Tristan. Le jeune p&#232;re se dit &#171; d&#233;go&#251;t&#233; de ce qui se passe en ce moment &#187;. Il esp&#232;re que cette manifestation toute symbolique puisse &#171; amener &#224; une contamination positive des esprits &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Changer le monde est une grande ambition. La plaque de la Place de la Bourse qui continue &#224; pendre montre en tout cas qu'un tournevis n'y suffira pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J-ME.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.libetoulouse.fr/2007/2008/11/attac-attaque-a.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;voir l'article&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Michel Husson : une crise structurelle du capitalisme</title>
		<link>https://cl44.site.attac.org/spip.php?article188</link>
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		<dc:date>2008-05-01T06:50:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Michel Husson, &#233;conomiste &#224; l'IRES, membre du Conseil scientifique d'Attac . &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment analysez-vous la crise financi&#232;re actuelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise actuelle est plus qu'une crise bancaire, parce qu'elle met en cause la configuration de l'&#233;conomie mondiale. Celle-ci rev&#234;t trois grandes caract&#233;ristiques. La premi&#232;re est la baisse de la part salariale &#224; l'&#233;chelle mondiale. Mais l'augmentation des profits qui en r&#233;sulte ne conduit pas &#224; un surcro&#238;t d'accumulation productive. Le profit...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cl44.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;A travers la presse ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Entretien avec Michel Husson, &#233;conomiste &#224; l'IRES, membre du Conseil scientifique d'Attac&lt;/strong&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Husson est l'auteur de Un pur capitalisme, Editions Page Deux.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment analysez-vous la crise financi&#232;re actuelle ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle est plus qu'une crise bancaire, parce qu'elle met en cause la configuration de l'&#233;conomie mondiale. Celle-ci rev&#234;t trois grandes caract&#233;ristiques. La premi&#232;re est la baisse de la part salariale &#224; l'&#233;chelle mondiale. Mais l'augmentation des profits qui en r&#233;sulte ne conduit pas &#224; un surcro&#238;t d'accumulation productive. Le profit non investi augmente r&#233;guli&#232;rement et va nourrir la sph&#232;re financi&#232;re. Celle-ci augmente ensuite en fonction des d&#233;s&#233;quilibres de l'&#233;conomie mondiale : d&#233;ficit commercial des Etats-Unis d'un c&#244;t&#233;, exc&#233;dents de l'Europe, du Japon, des pays &#171; &#233;mergents &#187; et/ou producteurs de p&#233;trole, de l'autre. Le besoin de financement de l'&#233;conomie &#233;tasunienne se creuse et n&#233;cessite une arriv&#233;e de flux de capitaux croissants. Enfin, la d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re rend impossible le contr&#244;le de ces flux financiers qui parcourent le monde &#224; la recherche de rendements extravagants. Le r&#233;sultat, c'est les bulles successives (la Net-&#233;conomie puis l'immobilier, etc.) et, depuis 15 ans, une s&#233;rie de crises financi&#232;res localis&#233;es (Mexique, Argentine, Asie du Sud-Est, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Pensez-vous, comme certains, que cette crise est la plus grave depuis 1929 ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La diff&#233;rence avec 1929, c'est que les gouvernements comprennent mieux qu'alors les m&#233;canismes de la crise. Celle-ci est n&#233;e de l'&#233;clatement de la bulle immobili&#232;re et c'est un ph&#233;nom&#232;ne relativement classique. Mais ce qui est nouveau, c'est la r&#233;action en cha&#238;ne qu'elle a d&#233;clench&#233;e. La d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re et la &#171; titrisation &#187; ont conduit &#224; une imbrication tr&#232;s profonde, mais aussi extr&#234;mement opaque, entre banques d'affaires et fonds sp&#233;culatifs. On d&#233;couvre tous les jours l'ampleur des pertes cumul&#233;es, que le FMI vient d'&#233;valuer &#224; 945 milliards de dollars. L'immensit&#233; de ces pertes explique pourquoi les interventions des banques centrales n'ont pas pu enrayer le mouvement. La Fed a baiss&#233; ses taux en dessous de l'inflation, inject&#233; des liquidit&#233;s, rachet&#233; de fait une grosse banque d'affaires (Bear Stearns) et &#233;chang&#233; 200 milliards de dollars de Bons du tr&#233;sor contre des cr&#233;dits hypoth&#233;caires douteux. Mais rien n'y fait : le march&#233; de l'immobilier continue &#224; plonger, et chaque jour apporte sa mauvaise nouvelle. Une telle crise ne peut rester cantonn&#233;e &#224; la sph&#232;re financi&#232;re, ni aux Etats-Unis : ces derniers sont en r&#233;cession, et le FMI vient encore de r&#233;viser ses pr&#233;visions &#224; la baisse pour l'&#233;conomie mondiale. Il pr&#233;voit pour la France une croissance de 1,4 % en 2008 et de 1,2 % en 2009 et ne pr&#233;voit un rebond qu'en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelles sont les perspectives ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On est enlis&#233; dans la crise pour au moins deux ans. Elle a en plus un caract&#232;re irr&#233;versible : le mod&#232;le de croissance des Etats-Unis vient d'exploser en vol et on ne voit pas bien comment il pourrait &#234;tre rafistol&#233;. Ce mod&#232;le reposait sur un double m&#233;canisme : d'un c&#244;t&#233;, la baisse r&#233;guli&#232;re du taux d'&#233;pargne des m&#233;nages (pr&#232;s d'un demi-point chaque ann&#233;e) et, de l'autre, l'augmentation tout aussi r&#233;guli&#232;re du d&#233;ficit commercial. C'est la consommation qui tirait la croissance des Etats-Unis, soutenue par un recours croissant &#224; l'endettement. Il s'agissait donc d'une croissance &#224; cr&#233;dit qui devait &#234;tre couverte par des entr&#233;es de plus en plus massives de capitaux en provenance du reste du monde. Ce syst&#232;me de vases communicants ne peut plus fonctionner : &#224; cause de la ruine de millions de m&#233;nages et en raison de la baisse du dollar. Le dollar n'a jamais &#233;t&#233; aussi faible et instable, et les taux d'int&#233;r&#234;t ne sont plus attractifs, si bien que les capitaux vont cesser d'entrer, si ce n'est d&#233;j&#224; fait. La grande inconnue est alors le mod&#232;le de rechange qui devrait remettre en cause les incroyables in&#233;galit&#233;s de revenus qui existent aux Etats-Unis. Tout le suppl&#233;ment de croissance des derni&#232;res ann&#233;es a en effet &#233;t&#233; capt&#233; par une couche sociale tr&#232;s &#233;troite et le salaire moyen n'a pratiquement pas augment&#233;. Pour passer &#224; un r&#233;gime de croissance plus &#233;quilibr&#233;, il faudrait &#233;cr&#234;ter les plus hauts revenus. Le prochain gouvernement voudra-t-il ou pourra-t-il mettre en oeuvre un New Deal qui &#233;viterait &#224; la grande masse des salari&#233;s de ne pas payer les pots cass&#233;s de la haute finance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous avez sign&#233; l'&lt;a href=&#034;http://www.stop-finance.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;appel international des &#233;conomistes contre la libert&#233; de mouvement des capitaux en Europe&lt;/a&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;voir&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;. Pourquoi ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parce qu'il est bien cibl&#233;, ce qui explique son succ&#232;s. Il montre que l'ampleur de la crise &#171; d'intervenir au c&#339;ur du &#171; jeu &#187;, c'est-&#224;-dire d'en transformer radicalement les structures &#187; et constate qu'au sein de l'Union europ&#233;enne, &#171; toute transformation se heurte &#224; l'invraisemblable protection que les trait&#233;s ont cru bon d'accorder au capital financier &#187;. Il propose ensuite deux objectifs pr&#233;cis : l'abrogation de l'article 56 du Trait&#233; de Lisbonne et la restriction de la &#171; libert&#233; d'&#233;tablissement &#187; pr&#233;vue &#224; l'article 48 qui interdisent toute restriction aux mouvements de capitaux. Cela ne suffit certes pas &#224; d&#233;finir une politique globale mais de mener concr&#232;tement campagne autour de la question-cl&#233;, celle d'un n&#233;cessaire contr&#244;le des capitaux. Et l'Europe est un ensemble &#233;conomique assez vaste et int&#233;gr&#233; pour qu'une autre politique puisse &#234;tre envisag&#233;e &#224; ce niveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Face &#224; ce monde domin&#233; par le libre-&#233;change et les march&#233;s financiers o&#249; se d&#233;veloppent ces crises, peut-on faire autrement ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes face &#224; un capitalisme qui a &#233;chapp&#233; &#224; tout contr&#244;le. Lutter contre ses d&#233;rives financi&#232;res doit conduire &#224; remettre en cause la libert&#233; absolue de circulation des capitaux mais aussi, plus fondamentalement, l'exploitation croissante des travailleurs &#224; travers le monde. Il faut, autrement dit, fermer &#171; &#224; la source &#187; le robinet qui alimente la sp&#233;culation. L'objectif est de mettre l'&#233;conomie au service des besoins sociaux, et cette aspiration permet, &#224; travers la lutte contre la mondialisation financi&#232;re, de fonder un nouvel anticapitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Beno&#238;t Pradier&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;Michel Husson est l'auteur de Un pur capitalisme, Editions Page Deux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;a href='https://cl44.site.attac.org/spip.php?article187' class=&#034;spip_in&#034;&gt;voir&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'appel &#034;Sp&#233;culation et crises : &#231;a suffit !&#034;</title>
		<link>https://cl44.site.attac.org/spip.php?article187</link>
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		<dc:date>2008-04-03T07:40:00Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Un appel international d'&#233;conomistes contre la libert&#233; de mouvement des capitaux en Europe. &lt;br class='autobr' /&gt;
La finance d&#233;r&#233;glement&#233;e d&#233;truit les soci&#233;t&#233;s. Silencieusement, au quotidien, quand les actionnaires pressurent les entreprises, c'est-&#224;-dire les salari&#233;s, pour en extraire davantage de rentabilit&#233;, au Nord comme au Sud. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aigu&#235;s o&#249; se r&#233;v&#232;lent brutalement les invraisemblables exc&#232;s de la cupidit&#233; sp&#233;culative et leur contrecoup sur l'activit&#233; et...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cl44.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;A travers la presse ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Un appel international d'&#233;conomistes &lt;br class='manualbr' /&gt;contre la libert&#233; de mouvement des capitaux en Europe.&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La finance d&#233;r&#233;glement&#233;e d&#233;truit les soci&#233;t&#233;s. Silencieusement, au quotidien, quand les actionnaires pressurent les entreprises, c'est-&#224;-dire les salari&#233;s, pour en extraire davantage de rentabilit&#233;, au Nord comme au Sud. A grand spectacle et avec fracas dans les crises aigu&#235;s o&#249; se r&#233;v&#232;lent brutalement les invraisemblables exc&#232;s de la cupidit&#233; sp&#233;culative et leur contrecoup sur l'activit&#233; et l'emploi. Ch&#244;mage, pr&#233;carisation, accroissement des in&#233;galit&#233;s : les salari&#233;s et les plus pauvres sont vou&#233;s &#224; faire les frais soit de la sp&#233;culation, soit des nuisances du krach qui s'ensuit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis deux d&#233;cennies, le cours de la finance mondiale n'est qu'une longue suite de crises : 1987, krach boursier ; 1990, crise immobili&#232;re aux Etats-Unis, en Europe et au Japon ; 1994, krach obligataire am&#233;ricain ; 1997 et 1998, crise financi&#232;re internationale ; 2000-2002, krach internet ; 2007-2008 enfin, crise immobili&#232;re et peut-&#234;tre crise financi&#232;re globale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourquoi une telle r&#233;p&#233;tition ? Parce que toutes les entraves &#224; la circulation des capitaux et &#224; l'&#171; innovation &#187; financi&#232;re ont &#233;t&#233; abolies. Quant aux banques centrales qui ont laiss&#233; enfler la bulle, elles n'ont plus d'autre choix que de se pr&#233;cipiter au secours des banques et des fonds sp&#233;culatifs en mal de liquidit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous n'attendrons pas la prochaine crise sans rien faire et ne supporterons pas plus longtemps les extravagantes in&#233;galit&#233;s que la finance de march&#233; fait prosp&#233;rer ni les dangers qu'elle fait courir &#224; tous. Parce que l'instabilit&#233; est intrins&#232;que &#224; la d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re, comment les d&#233;risoires appels &#224; la &#171; transparence &#187; et &#224; la &#171; moralisation &#187; pourraient-ils y changer quoi que ce soit - et emp&#234;cher que les m&#234;mes causes, de nouveau, produisent les m&#234;mes effets ? Y mettre un terme suppose d'intervenir au c&#339;ur du &#171; jeu &#187;, c'est-&#224;-dire d'en transformer radicalement les structures. Or, au sein de l'Union europ&#233;enne, toute transformation se heurte &#224; l'invraisemblable protection que les trait&#233;s ont cru bon d'accorder au capital financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourquoi nous, citoyens europ&#233;ens, demandons l'abrogation de l'article 56 du Trait&#233; de Lisbonne, qui, interdisant toute restriction &#224; ses mouvements, offre au capital financier les conditions de son emprise &#233;crasante sur la soci&#233;t&#233;. Et nous demandons &#233;galement que soit restreinte la &#171; libert&#233; d'&#233;tablissement &#187; (art. 48) qui laisse opportun&#233;ment au capital la possibilit&#233; de se rendre l&#224; o&#249; les conditions lui sont le plus favorables, et permettrait ici aux institutions financi&#232;res de trouver asile &#224; la City de Londres ou ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si par &#171; libert&#233; &#187; il faut entendre celle des puissances dominantes, aujourd'hui incarn&#233;es dans la finance, d'asservir le reste de la soci&#233;t&#233;, disons imm&#233;diatement que nous n'en voulons pas. Nous pr&#233;f&#233;rons celle des peuples &#224; vivre hors de la servitude de la rentabilit&#233; financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Collectif de lancement de la p&#233;tition :&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Elmar Altvater (Allemagne), Philippe Arestis (Royaume-uni), Genevi&#232;ve Azam (France), Riccardo Bellofiore (Italie), Robin Blackburn (Royaume-Uni), J&#233;r&#244;me Bourdieu (France), Mireille Bruyere (France), Alain Caille (France), Claude Calame (Suisse), Fran&#231;ois Chesnais (France), John Christensen (Royaume-Uni), Christian Comeliau (France), Laurent Cordonnier (France), Jacques Cossart (France), Thomas Coutrot (France) , Renato di Ruzza (France), G&#233;rard Dumenil (France), Miren Etxezarreta (Espagne), Marica Frangakis (Gr&#232;ce), Jean Gadrey (France), Susan George (France), Robert Guttmann (Etats-Unis), Bernard Guibert (France), John Grahl (Royaume-Uni), Jean-Marie Harribey (France), Michel Husson (France), Pauline Hyme (France), Esther Jeffers (France), Isaac Joshua (France), Matthieu Leimgruber (Suisse), Fr&#233;d&#233;ric Lordon (France), Birgit Mahnkopf (Allemagne), Jacques Mazier (France), Sabine Montagne (France), Fran&#231;ois Morin (France), Ramine Motamed-Nejad (France), Andr&#233; Rlean (France), Ren&#233; Passet (France), Dominique Plihon (France), Christophe Ramaux (France), Gilles Raveaud (France), Catherine Samary (France), Jacques Sapir (France), Claude Serfati (France), Henri Sterdyniak (France), Daniel Tanuro (Belgique), H&#233;l&#232;ne Tordjman (France), Eric Toussaint (Belgique), St&#233;phanie Treillet (France), Peter Wahl (Allemagne), Frieder Otto Wolf (Allemagne).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Renseignements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;tition publi&#233;e par : L'Humanit&#233;, Le Monde Diplomatique, Politis, L'&#233;mission L&#224; bas si j'y suis, Flamman (Su&#232;de), Trybuna Robotnicza (Pologne), Publico (Espagne), Il Manifesto (Italie), Tageszeitung (Allemagne).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entretien avec Fr&#233;d&#233;ric Lordon</title>
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		<dc:date>2008-03-21T07:31:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		



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&lt;p&gt;&#034; Les gens comprennent tr&#232;s bien que l'harmonie du march&#233; a quelques s&#233;rieux rat&#233;s quand la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale voit s'&#233;vaporer 7 milliards d'euros d'un coup.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
L'&#233;conomiste et philosophe Fr&#233;d&#233;ric Lordon appelle &#224; mettre en cause les trait&#233;s europ&#233;ens qui sanctuarisent la libert&#233; de mouvements des capitaux. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nombreux commentateurs et &#233;ditorialistes mettent la crise financi&#232;re sur le compte d'une &#171; folie &#187; qui se serait empar&#233;e des march&#233;s. Que pensez-vous de ces interpr&#233;tations ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Fr&#233;d&#233;ric...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cl44.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;A travers la presse ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#034; Les gens comprennent tr&#232;s bien que l'harmonie du march&#233; a quelques s&#233;rieux rat&#233;s quand la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale voit s'&#233;vaporer 7 milliards d'euros d'un coup.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;conomiste et philosophe Fr&#233;d&#233;ric Lordon appelle &#224; mettre en cause les trait&#233;s europ&#233;ens qui sanctuarisent la libert&#233; de mouvements des capitaux.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;De nombreux commentateurs et &#233;ditorialistes mettent la crise financi&#232;re sur le compte d'une &#171; folie &#187; qui se serait empar&#233;e des march&#233;s. Que pensez-vous de ces interpr&#233;tations ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; La th&#232;se de la &#171; folie &#187; vaut &#224; peu pr&#232;s ce que vaut celle de &#171; l'immoralit&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire rien. On peine &#224; croire d'ailleurs que la c&#233;cit&#233; intellectuelle ou l'ent&#234;tement id&#233;ologique puissent aller jusqu'&#224; une telle nullit&#233; de pens&#233;e, sp&#233;cialement au moment o&#249; les destructions - financi&#232;res se produisent l&#224;, sous nos yeux, r&#233;v&#233;lant leurs causes les plus &#233;videntes. Le plus &#233;tonnant dans cette affaire ne tient presque plus aux &#233;v&#233;nements eux-m&#234;mes - pourtant &#244; combien spectaculaires ! - mais &#224; l'acharnement de la croyance lib&#233;rale et &#224; la force du d&#233;ni.&lt;br class='manualbr' /&gt;Si m&#234;me des catastrophes de cette magnitude ne parviennent pas &#224; dessiller l'escouade des &#171; experts &#187; et des pr&#233;cepteurs de service, on se demande quel degr&#233; de convulsion il faudra atteindre pour obtenir d'eux le premier doute&#8230; Il faut bien se mettre &#224; leur place cependant : la &#171; folie &#187; et &#171; l'immoralit&#233; &#187;, c'est tout ce qui leur reste avant d'en arriver &#224; l'indicible mise en question, celle des structures. Car tel est bien, malheureusement pour eux, l'enseignement &#224; vif de la crise : jusque dans l'effondrement, la lib&#233;ralisation financi&#232;re demeure parfaitement conforme &#224; son concept.&lt;br class='manualbr' /&gt;Ce &#224; quoi nous assistons est le d&#233;ploiement n&#233;cessaire d'une m&#233;canique inscrite au coeur des structures lib&#233;ralis&#233;es de la finance. UBS a perdu 18 milliards de dollars, Merril Lynch, 19 et Citigroup, 21, sans op&#233;rations frauduleuses ni J&#233;r&#244;me Kerviel local. Bref, elles ont perdu en jouant, strictement, le jeu de la finance tel qu'il est configur&#233; actuellement. C'est bien cette configuration qui est intrins&#232;quement l'origine du probl&#232;me.&lt;br class='manualbr' /&gt;Comment peut-on imaginer un seul instant que des op&#233;rateurs financiers pourraient renoncer &#224; poursuivre d'extraordinaires opportunit&#233;s de profit dans un univers qui les d&#233;multiplie et leur donne des proportions sans commune mesure avec les gains de l'&#233;conomie r&#233;elle ? Par quel miracle de vertu la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale qui, en 2006, tire 23 % de rentabilit&#233; des capitaux propres de sa banque de d&#233;tail pourrait-elle s'abstenir de saisir les 48 % ( !) que lui offre sa banque d'investissement ? Laissez l'&#233;conome d'une congr&#233;gation b&#233;n&#233;dictine libre d'aller placer les exc&#233;dents de la chartreuse sur les march&#233;s et il finira avec des CDO de subprimes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La crise pr&#233;sente n'a donc rien d'exceptionnel ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; Entre &#171; trader fou &#187; et hypoth&#232;se de &#171; l'acc&#232;s de folie &#187;, tout est fait pour donner &#224; l'&#233;v&#233;nement actuel un statut d'aberration exceptionnelle - un &#233;garement incompr&#233;hensible sur fond de parfait bon sens. Mais la &#171; folie &#187; est le r&#233;gime permanent et n&#233;cessaire de la finance lib&#233;ralis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Dans quels m&#233;canismes s'enracine ce fonctionnement de la finance ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; La finance de march&#233; a la propri&#233;t&#233; de faire voir, par une sorte d'exp&#233;rimentation en vraie grandeur, les r&#233;sultats catastrophiques d'une situation o&#249; tous les agents sont simultan&#233;ment laiss&#233;s libres de poursuivre fr&#233;n&#233;tiquement leurs - int&#233;r&#234;ts de profitabilit&#233; maximum et plac&#233;s sous de f&#233;roces contraintes de concurrence et d'&#233;valuation - mesure du m&#233;rite individuel par l'argent, saine concurrence, &#233;valuation permanente : un r&#234;ve sarkozyste&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le champ de la finance, la concurrence est sauvage. C'est le domaine qui a port&#233; le plus loin l'obsession de l'&#233;valuation compar&#233;e des performances de tous : annuaires professionnels de toutes sortes multiplient les classements et les hit-parades pour tous les m&#233;tiers et tous les types d'actifs. Avec des - effets de grande ampleur puisque des mandats de gestion, c'est-&#224;-dire des masses financi&#232;res consid&#233;rables, vont &#234;tre d&#233;plac&#233;s vers les vedettes du moment.&lt;br class='manualbr' /&gt;Du fait m&#234;me de cette concurrence infernale, dont les tables sont remises &#224; jour sur une base trimestrielle, les agents vivent dans un &#233;tat d'hyst&#233;rie permanente. Tout ce qui en r&#233;alit&#233;, ou en imagination, offre une perspective de rentabilit&#233; accrue, et surtout de rentabilit&#233; diff&#233;rentielle, sera poursuivi avec acharnement. Cette pression concurrentielle s'articulant &#224; la pleine lib&#233;ration de la pulsion cupide, les efforts d&#233;sesp&#233;r&#233;s de tous pour d&#233;passer tous entra&#238;nent une accumulation collective de risques dont nul n'a le souci puisque chacun n'est pr&#233;occup&#233; que de ses int&#233;r&#234;ts individuels. Seule une pens&#233;e indigente - ou complice - peut s'obstiner de voir l&#224; un probl&#232;me de moralit&#233; alors qu'il n'est question que de structures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment comprendre la r&#233;p&#233;tition de ces crises financi&#232;res depuis vingt ans ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; J'h&#233;site entre deux strat&#233;gies : d&#233;noncer l'indigence conceptuelle du couple &#171; moderne &#187;-&#171; archa&#239;que &#187; - sans lequel l'&#233;ditorialiste lib&#233;ral r&#233;formateur de base n'est plus capable de construire une seule phrase -, ou bien le retourner contre ses utilisateurs. Car seule une formidable inversion rh&#233;torique peut donner la r&#233;gression lib&#233;rale pour un &#171; progr&#232;s &#187;.&lt;br class='manualbr' /&gt;Sit&#244;t install&#233;e, la d&#233;r&#233;glementation des march&#233;s de capitaux nous a fait faire un bond en arri&#232;re de soixante ans puisque le krach de 1987 a non seulement &#233;gal&#233; en importance celui de 1929 mais a constitu&#233; le premier &#233;v&#233;nement du genre survenu depuis lors. Quant &#224; la panique bancaire de la Northern Rock, il faut carr&#233;ment remonter &#224; 1866 pour en retrouver l'&#233;quivalent. On juge du &#171; progr&#232;s &#187; et de la &#171; modernit&#233; &#187;&#8230; Or la croyance lib&#233;rale n'en d&#233;mord pas.&lt;br class='manualbr' /&gt;On reste sid&#233;r&#233; du bilan d&#233;risoire de la r&#233;union europ&#233;enne tenue &#224; Londres le 29 janvier. &#171; Tout en pr&#233;f&#233;rant des solutions de march&#233;, si les acteurs de march&#233; s'av&#232;rent inaptes &#224; traiter ces probl&#232;mes, nous sommes pr&#234;ts &#224; consid&#233;rer des solutions de remplacement r&#233;glementaires &#187;, d&#233;clare sans rire le communiqu&#233; officiel. Mais cette inaptitude est av&#233;r&#233;e depuis vingt ans ! La preuve en est cette infernale r&#233;currence de la crise des march&#233;s puisque, depuis 1987, nous n'avons pas la paix plus de quatre ans d'affil&#233;e.&lt;br class='manualbr' /&gt;Quoique touchant des compartiments diff&#233;rents, et avec sans doute des effets &#233;conomiques diff&#233;rents, la similitude formelle des crises de 2007 et 2001 est frappante. M&#234;me d&#233;lire sp&#233;culatif, mais aussi m&#234;me carence des agences de notation, m&#234;me prolif&#233;ration des structures hors bilans &#233;chappant aux contr&#244;les comptables r&#233;guliers, et jusqu'au parall&#233;lisme des &#171; entit&#233;s sp&#233;ciales &#187; - entre les SPV (Special Purpose Vehicle) qui ont coul&#233; Enron en 2000 et les SIV (Special Investment Vehicle) gav&#233;s de subprimes de 2007, l'identit&#233; est presque parfaite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et, bien s&#251;r, les m&#234;mes recommandations de &#171; r&#233;int&#233;gration des hors-bilans &#187;, les m&#234;mes solennelles promesses de transparence et de moralit&#233;. Recommandations jamais suivies, promesses jamais tenues, paroles envol&#233;es sit&#244;t commenc&#233;e la bulle d'apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous avez formul&#233;, il y a quelque temps, des propositions pour, dites-vous, &#171; affamer la finance &#187;&#8230;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; Il faut bien avoir conscience qu'une fois la formation d'une bulle lanc&#233;e, il est trop tard. D'abord elle est vou&#233;e &#224; crever. Et lorsqu'elle le fera, elle armera instantan&#233;ment la prise d'otages qui contraindra le banquier central &#224; venir au secours des institutions financi&#232;res en d&#233;tresse.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est l&#224; toute la perversit&#233; de la crise financi&#232;re qui, au-del&#224; d'un certain stade de gravit&#233;, cr&#233;e une situation dite de risque syst&#233;mique. La densit&#233; des engagements crois&#233;s entre les banques est en effet telle qu'un d&#233;faut individuel peut &#234;tre propag&#233; de mani&#232;re foudroyante, au risque de provoquer un collapsus g&#233;n&#233;ral. Devant l'&#233;normit&#233; des cons&#233;quences possibles, le banquier central, quelle que soit sa volont&#233; de sanctionner les imprudents, n'a pas d'autre choix que d'intervenir pour leur sauver la mise. Pour sortir de cette situation, il n'y a pas d'autre moyen que&#8230; d'&#233;viter qu'elle ne se forme !&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour asphyxier la bulle ab initio, il faut la priver (d'une partie) de son oxyg&#232;ne : le cr&#233;dit. &#192; ceci pr&#232;s qu'&#233;lever les taux d'int&#233;r&#234;t risque de tuer l'&#233;conomie r&#233;elle en m&#234;me temps que la sp&#233;culation. D'o&#249; l'id&#233;e de taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;doubl&#233;s, l'un &#224; destination des seuls agents de l'&#233;conomie productive, et qui pourra &#234;tre maintenu aussi bas qu'on veut, pendant que l'autre, &#224; destination des seuls agents de la finance, pourra &#234;tre relev&#233; aussi haut que n&#233;cessaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Vous proposez aussi d'instaurer un plafonnement de la r&#233;mun&#233;ration des actionnaires.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; J'ai donn&#233; &#224; cette proposition le nom de SLAM - Shareholder Limited Authorized Margin. Il s'agit de plafonner par un &#233;cr&#234;tement fiscal la r&#233;mun&#233;ration des actionnaires pour d&#233;sarmer les incitations du capital actionnarial &#224; intensifier ind&#233;finiment l'exploitation des salari&#233;s. Nous ne sommes plus l&#224; dans la probl&#233;matique de la crise de cr&#233;dit, mais dans celle, plus permanente, de l'emprise de la finance actionnariale sur l'&#233;conomie. En faire mention ici vaut donc surtout pour dire que, contrairement aux usuelles fins de non-recevoir du genre &#171; il n'y a pas d'alternative &#187; et &#171; de toute fa&#231;on vous n'avez rien &#224; proposer &#187;, des id&#233;es pour arraisonner la finance, il commence &#224; y en avoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Comment imposer de tels outils de r&#233;gulation ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; Toutes les propositions &#171; techniques &#187; sont nulles et non avenues tant qu'elles restent sans force politique. Or, pour sinistre qu'elle soit &#224; bien des &#233;gards, la conjoncture pr&#233;sente a au moins l'avantage d'offrir une opportunit&#233; sans pareille au rassemblement de cette force et &#224; l'installation de la question financi&#232;re dans le d&#233;bat politique. Car c'est au coeur de la crise, et au spectacle de ses formidables destructions de valeur, que les esprits sont frapp&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les gens comprennent tr&#232;s bien que l'harmonie du march&#233; a quelques s&#233;rieux rat&#233;s quand la Soci&#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale voit s'&#233;vaporer 7 milliards d'euros d'un coup. Il y a l&#224; une configuration politique extraordinaire dont il faut imp&#233;rativement tirer parti.&lt;br class='manualbr' /&gt;C'est peut-&#234;tre le seul b&#233;n&#233;fice de ces crises que d'offrir des invalidations en actes et, il faut le dire, &#224; grand spectacle, des th&#232;ses lib&#233;rales de parfaite autor&#233;gulation des march&#233;s. Ne pas l'exploiter serait une faute politique qui nous condamnerait &#224; attendre passivement la prochaine secousse - puisque des causes inchang&#233;es produiront &#224; coup s&#251;r des effets semblables.&lt;br class='manualbr' /&gt;Or, il est temps de dire que cette succession m&#233;tronomique des s&#233;ismes financiers - sans doute jusqu'ici rattrap&#233;s, mais jusqu'&#224; quand, et &#224; quel prix en termes de croissance et d'emploi ? - nous n'en voulons plus. &#171; Ne plus vouloir &#187;, c'est donc viser les causes, c'est-&#224;-dire les structures, et affirmer que leur transformation profonde doit &#234;tre un enjeu majeur de notre d&#233;bat politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelle forme donner concr&#232;tement &#224; ce &#171; ne plus vouloir &#187; ?&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Lordon.&lt;/strong&gt; J'ai hautement conscience de mes - risibles comp&#233;tences en mati&#232;re d'action politique. Mais l'id&#233;e de regarder bras ballants le man&#232;ge repartir pour un tour exactement &#224; l'identique me rend malade, c'est pourquoi je ne peux pas m'emp&#234;cher de lancer au moins une id&#233;e - et m&#234;me, pourquoi pas, de la poursuivre.&lt;br class='autobr' /&gt;
S'il s'agit de refaire l'agenda du d&#233;bat public et d'y faire figurer en haut de liste la question financi&#232;re, ne faut-il pas jouer dans l'opinion un coup &#171; catalytique &#187; pour faire pr&#233;cipiter les multiples r&#233;actions individuelles en une id&#233;e collective claire et distincte - et en un programme d'action politique ? Je ne vois gu&#232;re de meilleur moyen pour cela que la p&#233;tition. Il faudrait qu'elle soit port&#233;e par une pluralit&#233; de m&#233;dias. Mais, surtout, cette p&#233;tition devrait imp&#233;rativement &#234;tre europ&#233;enne, et relay&#233;e par des titres amis en Allemagne, en Italie, en Espagne et ailleurs. Car c'est bien l'Europe le niveau pertinent o&#249; poser de nouveau la question de la lib&#233;ralisation financi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Et cela d'autant plus que, honte supr&#234;me pour tous les faux-culs qui chantent les louanges de l'Europe &#171; bouclier contre la mondialisation &#187;, ce sont les trait&#233;s europ&#233;ens qui sanctuarisent la libert&#233; de mouvement des capitaux et s'opposent &#224; toute modification significative des structures de la finance. Cette obsc&#233;nit&#233; d&#233;mocratique - je rappelle que la libert&#233; de mouvement des capitaux s'&#233;tait trouv&#233;e inscrite dans la charte des droits fondamentaux du trait&#233; constitutionnel de 2005&#8230; -, qui nous prive de la possibilit&#233; de remettre la finance &#224; la place que, politiquement, nous voulons lui assigner, donne du m&#234;me coup son objectif &#233;vident &#224; cette p&#233;tition : l'article III-56 du trait&#233; europ&#233;en consolid&#233;.&lt;br class='manualbr' /&gt;&#171; Toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les &#201;tats membres et entre les &#201;tats membres et les pays tiers sont interdites &#187; : voil&#224; ce dont nous ne voulons plus. Mettre &#224; bas cet article III-56 est le pr&#233;alable &#224; toute reconstruction des structures de la finance, c'est-&#224;-dire &#224; tout projet politique de sortie de la configuration pr&#233;sente du capitalisme. Si la pr&#233;sente crise nous en donne l'opportunit&#233; et la force, alors elle n'aura pas eu lieu pour rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Entretien r&#233;alis&#233; par Rosa Moussaoui paru dans l'Humanit&#233; du 21 mars 2008&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; lire :&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Les Quadratures de la politique &#233;conomique, Paris, Albin Michel, 1997.&lt;br class='manualbr' /&gt;Fonds de pension, pi&#232;ge &#224; cons, Paris, Liber, 2000. &lt;br class='manualbr' /&gt;La Politique du capital, Paris, Odile Jacob, 2002. &lt;br class='manualbr' /&gt;Et la vertu sauvera le monde, Paris, Liber, 2003. &lt;br class='manualbr' /&gt;L'Int&#233;r&#234;t souverain : essai d'anthropologie &#233;conomique spinoziste, Paris, La D&#233;couverte, 2006.&lt;br class='manualbr' /&gt;Spinoza et les sciences sociales. De l'&#233;conomie des affects &#224; la puissance de la multitude, en collaboration avec Yves Citton, Paris, &#201;ditions Amsterdam, 2008.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Comment prot&#233;ger l'&#233;conomie r&#233;elle</title>
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&lt;p&gt;En compl&#233;ment de son article publi&#233; dans Le Monde diplomatique de septembre, et qui analyse la crise financi&#232;re partie cet &#233;t&#233; du march&#233; am&#233;ricain du cr&#233;dit immobilier, Fr&#233;d&#233;ric Lordon livre, dans cet article exclusif pour notre site Internet, ses pistes de r&#233;flexion sur la finance... et les moyens de limiter sa supr&#233;matie. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cet ensemble d'articles fait l'objet d'un d&#233;bat sur notre site. &lt;br class='autobr' /&gt;
Par Fr&#233;d&#233;ric Lordon &lt;br class='autobr' /&gt;
Il se pourrait qu'il y ait du vrai dans l'adage populaire voulant qu'&#171; &#224; quelque...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cl44.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;A travers la presse ...&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En compl&#233;ment de son article publi&#233; dans Le Monde diplomatique de septembre, et qui analyse la crise financi&#232;re partie cet &#233;t&#233; du march&#233; am&#233;ricain du cr&#233;dit immobilier, Fr&#233;d&#233;ric Lordon livre, dans cet article exclusif pour notre site Internet, ses pistes de r&#233;flexion sur la finance... et les moyens de limiter sa supr&#233;matie.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet ensemble d'articles fait l'objet d'un d&#233;bat sur &lt;a href=&#034;http://blog.mondediplo.net/-En-debat-&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;notre site&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Fr&#233;d&#233;ric Lordon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il se pourrait qu'il y ait du vrai dans l'adage populaire voulant qu'&#171; &#224; quelque chose malheur [soit] bon &#187; &#8212; mais encore faut-il aller d&#233;busquer ce &#171; quelque chose &#187; l&#224; o&#249; il se cache... De la crise des march&#233;s de cr&#233;dit &#224; laquelle assistent m&#233;dus&#233;s les salari&#233;s, pressentant confus&#233;ment, mais pertinemment, qu'en bout de course ce sont eux qui pourraient bien en faire les frais, on peut au moins dire qu'elle offre une occasion, &#224; ne louper sous aucun pr&#233;texte, de prendre la mesure de ce qu'il en co&#251;te de tout accorder &#224; la finance et de se d&#233;cider enfin &#224; lui briser les reins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, seul le sid&#233;rant spectacle du tumulte des march&#233;s, les images des traders hyst&#233;riques, des gestionnaires de fonds suant l'angoisse et des banquiers centraux blafards d'insomnie peuvent, &#224; chaud, frapper suffisamment les esprits pour soutenir une demande politique d'action contre la sp&#233;culation. La fen&#234;tre &#171; spectaculaire &#187; est h&#233;las &#224; peu pr&#232;s d'aussi courte dur&#233;e que les effets r&#233;els de la crise financi&#232;re peuvent &#234;tre longs (et p&#233;nibles) &#224; dig&#233;rer. En t&#233;moignent la force des effets d'oubli et l'incapacit&#233; &#224; &#233;tablir dans la conscience collective la connexion entre les recrudescences successives de ch&#244;mage et les accidents financiers qui les ont pr&#233;c&#233;d&#233;es, et dont un d&#233;calage de six mois suffit &#224; faire perdre de vue qu'ils en ont &#233;t&#233; la cause. Il y a lieu de croire que la lib&#233;ralisation financi&#232;re aurait pass&#233; un sale quart d'heure si le corps politique avait clairement per&#231;u le lien de cause &#224; effet entre la crise sp&#233;culative immobili&#232;re de la fin des ann&#233;es 1980 &#8212; celle-l&#224; m&#234;me qui a failli emporter le Cr&#233;dit Lyonnais &#8212; et le violent retournement conjoncturel du d&#233;but des ann&#233;es 90, entre les monumentales crises mon&#233;taires qui ont manqu&#233; volatiliser le SME (Syst&#232;me Mon&#233;taire Europ&#233;en) en 1992-1993 et le pic assassin de ch&#244;mage des ann&#233;es 1993-1996, entre l'&#233;clatement de la bulle internet en 2000 et la rupture de croissance des ann&#233;es 2001-2004... Si donc la crise financi&#232;re de 2007 peut &#234;tre d'une quelconque &#171; utilit&#233; &#187; politique, et en attendant les d&#233;g&#226;ts qu'elle pourrait diffuser dans l'&#233;paisseur de l'&#233;conomie r&#233;elle, c'est comme opportunit&#233; d'une prise de conscience, pr&#233;alable &#224; une frappe politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1. &#171; Transparence &#187; et &#171; r&#233;gulation &#187;, ou la politique du &#171; cause toujours &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du train o&#249; vont les choses, on n'en prend pourtant pas le chemin &#8212; mais comment s'en &#233;tonner : pour ne pas &#234;tre le plus grand nombre, les ennemis de cette aperception demeurent sans aucun doute les plus puissants. Il suffit pour s'en rendre compte de consid&#233;rer les d&#233;risoires mesures que le pr&#233;sident fran&#231;ais Nicolas Sarkozy met en regard de ses martiales d&#233;clarations d'arraisonnement de la finance &#8212; c'est &#171; Verdun, on ne passe pas ! &#187;, mais arm&#233; d'un pistolet &#224; bouchon... Le bouchon en question est d'ailleurs passablement &#233;miett&#233; pour avoir d&#233;j&#224; trop servi, puisqu'il s'agit de l'increvable appel &#224; la &#171; transparence &#187;. Argument de troisi&#232;me zone, d&#233;lib&#233;r&#233;ment ignorant des m&#233;canismes fondamentaux des march&#233;s, tels qu'ils expriment les caract&#233;ristiques les plus profondes des structures actuelles de la finance, la &#171; transparence &#187; fait typiquement partie de ces peccadilles qu'on l&#226;che d'autant plus facilement qu'elles permettent de sauver l'essentiel. La crise financi&#232;re internationale de 1997-1998, qui avait failli emporter la totalit&#233; du syst&#232;me financier, avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; mise sur le compte de &#171; l'opacit&#233; &#187;, et avec d'autant meilleure conscience, quoique m&#234;l&#233;e de relents douteux, qu'il s'agissait des &#171; march&#233;s &#233;mergents &#187; &#8212; comprendre d'une partie du monde &#171; pas tout-&#224;-fait d&#233;velopp&#233;e &#187;, et &#224; qui il reste encore &#171; des progr&#232;s &#224; faire &#187; pour se mettre aux normes occidentales... Le probl&#232;me du diagnostic d'arri&#233;ration, c'est qu'il s'effondre sit&#244;t que le &#171; monde avanc&#233; &#187; conna&#238;t &#224; son tour la panique financi&#232;re, en 2000, et ceci en fait parce qu'il est victime des m&#234;mes causes &#8212; g&#233;n&#233;riquement celle de la finance lib&#233;ralis&#233;e. On aurait pu au moins croire que cette pantalonnade d&#233;sarmerait le topos de la &#171; transparence &#187;, r&#233;serv&#233; aux &#171; sauvages &#187;. Pas un instant ! Sous des formes &#224; peine diff&#233;rentes, c'est l'opacit&#233; des Enron et autres Worldcom, ripoux opportun&#233;ment pouss&#233;s sur le devant de la sc&#232;ne, qui a port&#233; tous les p&#233;ch&#233;s du monde pour mieux faire oublier ce que la crise devait aux structures d&#233;r&#233;glement&#233;es des march&#233;s de capitaux. Quelques ann&#233;es plus tard, faute de n'avoir rien appris, ou plut&#244;t de n'avoir rien voulu apprendre, les m&#234;mes causes, laiss&#233;es invariantes, produisent les m&#234;mes effets... et c'est le m&#234;me brouet de la transparence qui nous est servi &#224; nouveau comme purgation de mauvaises humeurs qu'on esp&#232;re passag&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la transparence comme arme de stabilisation de la finance n'&#233;tait pas une illusion parfaite (1), il y aurait au moins une bonne raison de ne pas s'attendre &#224; la voir mise en &#339;uvre : il est imp&#233;ratif que l'opacit&#233; demeure aussi longtemps que possible le candidat r&#233;current &#224; l'explication de la crise. Or, plus d'opacit&#233;, plus de d&#233;rivatif ! Tout le temps o&#249; elle dure, au moins les &#233;lites gouvernementales et financi&#232;res peuvent-elles prendre des poses avantageuses en faisant r&#233;sonner de vibrants appels &#224; &#171; la r&#233;gulation &#187;. Aussi l'&#233;ternel retour de la crise financi&#232;re est-il &#233;galement l'&#233;ternel retour des d&#233;clarations vides et des propos sans suite, de la c&#233;cit&#233; volontaire et des analyses qui regardent ailleurs, &#233;ternel retour d'une s&#233;quence-type dont on voit d&#233;j&#224; se d&#233;rouler, impeccablement ordonn&#233;es, toutes les &#233;tapes : 1) exhortations politiques solennelles &#171; &#224; la r&#233;gulation &#187;, 2) protestation du capital financier qui d&#233;clare absolument nuisible toute intervention l&#233;gislative, 3) proposition alternative par ses soins d'une &#171; auto-r&#233;gulation &#187;, moyennant la cr&#233;ation d'un &#171; groupe de travail &#187; rendant rapport et faisant du vent, le tout pilot&#233; selon un calendrier qui, le temps passant et l'oubli gagnant, aidera toute l'affaire &#224; mieux finir dans les sables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l'exp&#233;rience, et contre toutes les id&#233;es re&#231;ues ordinairement v&#233;hicul&#233;es par les experts stipendi&#233;s ou les amis du syst&#232;me, il appara&#238;t que les Etats-Unis sont passablement moins lib&#233;raux que les Europ&#233;ens. Au moins l'&#233;clatement de la bulle internet y a-t-il donn&#233; lieu &#224; une vraie loi &#8212; cris d'horreur &#233;touff&#233;s de justesse en France et vraiment parce que ce sont eux, les Am&#233;ricains, les seuls qui peuvent se permettre de l&#233;gif&#233;rer dans le capitalisme puisque, par ailleurs, leurs cr&#233;ances lib&#233;rales sont insoup&#231;onnables. La loi Sarbanes-Oxley (2002) aura ainsi drastiquement durci les dispositifs de contr&#244;le des comptes &#8212; les chefs d'entreprise s'en plaignent assez d'ailleurs, sans qu'on sache v&#233;ritablement faire la part de la g&#234;ne r&#233;elle et de la propension &#224; geindre &#224; tout propos. Mais cette loi reposait enti&#232;rement sur l'hypoth&#232;se &#171; ripoux &#187;, et ne pouvait en aucun cas pr&#233;tendre s'attaquer aux v&#233;ritables causes de l'instabilit&#233; financi&#232;re. Et la France pendant ce temps ? A l'&#233;poque sous gouvernement &#171; socialiste &#187;, puis &#224; la p&#233;riode Jean-Pierre Raffarin, et tr&#232;s attach&#233;e &#224; l'id&#233;e de faire passer comparativement les am&#233;ricains pour stalino&#239;des, elle... n'a rien fait. Les hurlements patronaux au totalitarisme de la loi y ont imm&#233;diatement rencontr&#233; un &#233;cho compr&#233;hensif et l'on a laiss&#233; le Mouvement des entreprises de France (Medef) piloter lui-m&#234;me groupes de travail et r&#233;daction de rapports qui, tel le rapport de M. Daniel Bouton (2)], n'avaient pas d'autre finalit&#233; que de prouver la sup&#233;riorit&#233; de la r&#233;gulation du capital par le capital, &#233;quivalent dans son ordre d'un appel &#224; la chastet&#233; par la vertu de r&#233;fr&#232;nement dans un bordel militaire de campagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2. La sp&#233;culation comme art de la prise d'otages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler tous ces faits si l'on veut &#233;viter la reproduction de la s&#233;quence maintes fois parcourue et d&#233;j&#224; pr&#234;te &#224; resservir &#171; R&#233;gulation / Auto-r&#233;gulation / Rien &#187;... et nouvelle crise dans quatre ans. Et il le faut d'autant plus qu'une nouvelle fois la finance sp&#233;culative aura d&#233;montr&#233; son habilet&#233; &#224; prendre en otages ceux-l&#224; m&#234;mes qui sont suppos&#233;s la surveiller, &#224; savoir les banques centrales &#8212; et en fait, bien au-del&#224;, l'&#233;conomie tout enti&#232;re. L'instrument strat&#233;gique de ce renversement complet du rapport de force entre surveillants et surveill&#233;s a pour nom &#171; l'al&#233;a moral &#187;. On nomme al&#233;a moral la propension d'un agent &#224; se surexposer &#224; un certain risque quand il se sait assur&#233; contre ce risque. Mais, dira-t-on, personne n'assure formellement le risque sp&#233;culatif. Les op&#233;rateurs financiers qui ont pris des positions aventureuses n'enregistrent-ils pas dans leurs comptes les pertes correspondantes avec, &#224; la cl&#233;, l'&#233;ventuelle sanction de la faillite ? Sans doute, mais &#8212; et tel est pr&#233;cis&#233;ment le paradoxe de l'al&#233;a moral &#8212; pas au-del&#224; d'un certain niveau de risque. Ou, plus exactement, pas lorsque se concentre en l'agent consid&#233;r&#233; un risque global qui d&#233;passe son risque local. C'est qu'en effet la d&#233;confiture d'un petit nombre d'agents peut avoir des cons&#233;quences bien au-del&#224; de leurs seuls comptes individuels. Car le d&#233;faut (3) de l'un interrompant les paiements promis &#224; d'autres, met ces derniers en p&#233;ril &#224; leur tour, &#233;ventuellement jusqu'&#224; provoquer leur propre d&#233;faut, donc une propagation plus lointaine des interruptions de r&#232;glements, etc. Relativement limit&#233;e et &#171; tol&#233;rable &#187; dans l'&#233;conomie r&#233;elle, cette propagation peut s'av&#233;rer foudroyante et d'une exceptionnelle gravit&#233; lorsqu'elle touche au secteur financier et bancaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette transmission collat&#233;rale des tensions financi&#232;res, des agents en d&#233;faut vers les agents a priori sains, porte le nom &#171; d'externalit&#233;s &#187;. Or le propre des crises de march&#233; est pr&#233;cis&#233;ment d'activer ces externalit&#233;s n&#233;gatives, le long desquelles se propagent les d&#233;tresses financi&#232;res en cascade. Ce sont l&#224; des situations o&#249; le risque de collapsus g&#233;n&#233;ral devient tel que le banquier central, devant l'&#233;normit&#233; des cons&#233;quences, n'a plus d'autre choix que de sauver tout le monde, et en tout premier lieu les &#171; joueurs &#187; les plus expos&#233;s, ceux dont la faillite menace d'emporter la totalit&#233; du syst&#232;me. Aussi ces modernes h&#233;rauts de la finance d&#233;r&#233;glement&#233;e, arrogants et portant beau quand les march&#233;s sont &#224; la hausse, cette avant-garde de l'id&#233;ologie des march&#233;s qui, sans doute &#224; la recherche des justifications de ses gains obsc&#232;nes, n'a que le &#171; m&#233;rite &#187; et la &#171; responsabilit&#233; &#187; individuels &#224; la bouche, sont-ils en fait de parfaits irresponsables &#224; qui il faut sauver la mise parce que leurs turpitudes s'exercent en un lieu tr&#232;s particulier de la structure du capitalisme d'o&#249; elles sont susceptibles de ravager l'&#233;conomie tout enti&#232;re...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reconduisant l'&#233;ternelle partition des dominants entre les imb&#233;ciles et les cyniques, et se s&#233;parant de la cohorte des irr&#233;parables d&#233;vots qui continueront de faire l'&#233;loge de la mondialisation financi&#232;re m&#234;me sur un tas de ruines fumantes, il s'en est trouv&#233; quelques-uns dans la finance pour saisir les immenses possibilit&#233;s strat&#233;giques offertes par cette position privil&#233;gi&#233;e qu'il leur est donn&#233; d'occuper. &#171; Si les cons&#233;quences de nos pertes vont si loin qu'il est impossible au banquier central de s'en d&#233;sint&#233;resser et de ne pas nous &#233;viter la faillite, pourquoi ne pas prendre les risques les plus d&#233;mentiels sachant que dans le cas favorable les gains seront hors de toute mesure... et que dans le cas d&#233;favorable la disproportion m&#234;me des risques, donc des pertes, sera telle qu'il faudra nous tirer d'affaire ?... &#187; Beaucoup pr&#234;tent &#224; John Merrywether, patron du Hedge Fund LTCM d'avoir, en 1998, tir&#233; toutes les cons&#233;quences de ce raisonnement et d&#233;lib&#233;r&#233;ment pris d'insens&#233;s paris en sp&#233;culant ouvertement sur des anticipations de taux d'int&#233;r&#234;t qui ont mal tourn&#233;, mais sur lesquelles il avait engag&#233;, par effets de levier successifs, des sommes exc&#233;dant ses capitaux propres dans des proportions faramineuses. C'est donc d'un seul tenant que se sont av&#233;r&#233;es colossales, non seulement ses propres pertes, mais celles subies par les investisseurs qui lui avaient confi&#233; leurs fonds, parmi lesquels de nombreuses institutions financi&#232;res. Trop de pertes pour trop d'acteurs importants au c&#339;ur du syst&#232;me financier : sans intervenir directement elle-m&#234;me, la R&#233;serve F&#233;d&#233;rale a d&#251; commander un secours de place (4) pour tirer LTCM de son in&#233;vitable faillite, et sauver la mise de ses apporteurs de fonds... exactement de la m&#234;me mani&#232;re que neuf ans plus tard le ministre de l'&#233;conomie Peer Steinbr&#252;ck ordonne &#224; quelques banques allemandes de se porter &#224; la rescousse de leur cons&#339;ur IKW qui a perdu tant et plus sur le march&#233; des d&#233;riv&#233;s de subprime...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3. Les p&#233;rils de la crise de liquidit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien cette menace combin&#233;e de l'al&#233;a moral et du risque syst&#233;mique qui plane au dessus de la crise actuelle et dont la probabilit&#233; d'occurrence fait l'objet de toutes les conjectures. &lt;br class='manualbr' /&gt;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15165&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;voir la suite...&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Quand la finance prend le monde en otage</title>
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		<dc:date>2007-09-01T13:07:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;&#171; La tourmente que traversent actuellement les march&#233;s financiers va peser sur la croissance mondiale &#187;, estime le directeur g&#233;n&#233;ral adjoint du Fonds mon&#233;taire international (FMI), M. John Lipsky. Plus soucieux que lui de rassurer l'opinion (et les investisseurs), les gouvernants des Etats-Unis, d'Europe et du Japon pr&#233;tendent que les fluctuations boursi&#232;res ne constitueraient qu'un simple accident de parcours dans un ciel d&#233;gag&#233;. L'agitation a &#233;t&#233; enclench&#233;e par la faillite aux Etats-Unis...&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://cl44.site.attac.org/spip.php?rubrique55" rel="directory"&gt;A travers la presse ...&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;img src='https://cl44.site.attac.org/local/cache-vignettes/L150xH147/arton183-62911.png?1767941643' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='147' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; La tourmente que traversent actuellement les march&#233;s financiers va peser sur la croissance mondiale &#187;, estime le directeur g&#233;n&#233;ral adjoint du Fonds mon&#233;taire international (FMI), M. John Lipsky. Plus soucieux que lui de rassurer l'opinion (et les investisseurs), les gouvernants des Etats-Unis, d'Europe et du Japon pr&#233;tendent que les fluctuations boursi&#232;res ne constitueraient qu'un simple accident de parcours dans un ciel d&#233;gag&#233;. L'agitation a &#233;t&#233; enclench&#233;e par la faillite aux Etats-Unis d'un march&#233; de l'immobilier gorg&#233; de cr&#233;dits distribu&#233;s sans discernement : pour le seul segment des pr&#234;ts les plus risqu&#233;s, dits &#171; subprime &#187;, les cr&#233;ances hypoth&#233;caires en circulation atteindraient 1 300 milliards de dollars ; de un &#224; trois millions d'Am&#233;ricains pourraient devoir vendre leur habitation. Propageant le risque &#224; l'ensemble de l'&#233;conomie mondiale, une innovation financi&#232;re d&#233;brid&#233;e a, tour &#224; tour, favoris&#233; la bulle immobili&#232;re, la crise du logement et la sp&#233;culation. Un nouveau rel&#226;chement du cr&#233;dit contiendrait peut-&#234;tre (ou diff&#233;rerait) certains des d&#233;g&#226;ts. Mais il encouragerait &#224; la r&#233;cidive les &#171; math&#233;maticiens fous de Wall Street &#187;. La prochaine crise est-elle donc d&#233;j&#224; annonc&#233;e ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par Fr&#233;d&#233;ric Lordon&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hegel, il y a deux si&#232;cles, d&#233;plorait l'incapacit&#233; chronique des Etats &#224; tirer les le&#231;ons des exp&#233;riences de l'histoire. Les gouvernements ne sont pas les seules puissances incapables d'apprentissage. Le capital &#8211; tout particuli&#232;rement financier &#8211; semble lui aussi condamn&#233; &#224; la pers&#233;v&#233;rance dans l'erreur, &#224; l'aberration r&#233;currente et &#224; l'&#233;ternel retour de la crise financi&#232;re. Quoique portant sur des &#171; objets &#187; nouveaux, la crise actuelle des march&#233;s de cr&#233;dit donne &#224; voir une fois de plus les ingr&#233;dients chimiquement purs du d&#233;sastre, offrant &#224; qui voudra bien s'en saisir une occasion de plus de m&#233;diter sur les &#171; bienfaits &#187; de la lib&#233;ralisation des march&#233;s de capitaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est qu'il faut tout de m&#234;me avoir la foi chevill&#233;e au corps pour continuer de chanter, contre toute &#233;vidence, les vertus de la financiarisation qui r&#233;pand la prosp&#233;rit&#233; g&#233;n&#233;rale, contribue &#224; la stabilit&#233; &#233;conomique et au progr&#232;s du genre humain. Mais la croyance financi&#232;re ne d&#233;sarme pas facilement et, elle qui se targue d'&#234;tre le principe de r&#233;alit&#233; incarn&#233;, elle qui soumet les entreprises &#224; la seule &#171; validation par les faits &#187;, sous les crit&#232;res du reporting (livraison trimestrielle des comptes) et du track record (&#171; historique &#187; des performances), demeure b&#234;tement ignorante de ce que l'histoire r&#233;cente &#8211; sa propre histoire &#8211; lui livre, de mani&#232;re pourtant accablante. C'est qu'en effet le track record de la lib&#233;ralisation financi&#232;re n'est pas bien fameux... Il faut tout de m&#234;me rappeler que, depuis qu'elle s&#233;vit, il aura &#233;t&#233; difficile de passer plus de trois ans d'affil&#233;e sans un accident majeur, presque chaque fois appel&#233; &#224; entrer dans les livres d'histoire &#233;conomique : 1987, krach m&#233;morable des march&#233;s d'actions ; 1990, krach des &#171; junk bonds &#187; (&#171; obligations pourries &#187;) et crise des Savings and Loans (caisses d'&#233;pargne am&#233;ricaines) ; 1994, krach obligataire am&#233;ricain ; 1997, premi&#232;re tranche de crise financi&#232;re internationale (Tha&#239;lande, Cor&#233;e, Hongkong) ; 1998, deuxi&#232;me tranche (Russie, Br&#233;sil) ; 2001-2003, &#233;clatement de la bulle Internet...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et nous voici en 2007. Lecture des d&#233;vots : &#171; Une mondialisation heureuse mais heurt&#233;e &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.monde-diplomatique.fr/2007/09/LORDON/15074&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;strong&gt;voir la suite...&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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